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Historique

    C'est à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Clermont-Ferrand que le Bleu d'Auvergne a gagné une identité et une réputation qui, au fil des décennies, ne s'est pas démentie. Nous sommes en 1845 et la vie en haute montagne est rude.
    Les voies de communication longtemps rudimentaires commencent à s'améliorer et désenclavent petit à petit des populations qui ont longtemps vécu en autarcie.

 


   Antoine-Roussel est un enfant du pays. Après un bref séjour chez un
pharmacien de Rouen, il rejoint Laqueille à la mort de son père. Enfant
aîné d'une famille nombreuse il lui faut pourvoir aux besoins de ses
frères et soeurs.

   Le fromage réalisé par Roussel est alors légèrement pressé (une simple
pierre suffit) et le caillé n'est guère brassé. Le produit, de qualité inégale,
se vend difficilement. Certaines pièces bleuissent accidentellement dans
les caves et apportent alors une saveur que Roussel qualifie de "spéciale,
agréable et parfumée". C'est ce bleuissement qu'il s'efforce dès lors de
développer.

   Il multiplie les expériences, modifie les procédés de fabrication. Aux
moules en terre cuite, il préfère des moules en bois (bientôt remplacés
par de la tôle étamée). Après plusieurs expériences infructueuses, il
remarque que le pain de seigle placé à proximité des fourmes bleuit de la
même façon. Son idée d'associer cette moisissure au fromage est un
plein succès.

   Il a trouvé le secret du bleuissement qu'il perfectionnera en créant
artificiellement des trous dans le fromage à l'aide d'aiguilles emmanchées
dans un bout de bois. Nous sommes en 1854.

   comme le précisera bien plus tard Georges Mathieu, directeur de l'école
d'industrie laitière d'Aurillac, Antoine-Roussel "vient de réaliser un ensemen-
cement microbien et une culture en milieu organique alors que la théorie de
la génération spontanée est encore admise par tous. C'est en effet, trois
ans après, en 1857, que Pasteur présenta son premier mémoire sur la
fermentation lactique et en 1860 que le grand savant montre que les germes
qui existent dans l'air peuvent ensemencer les matières organiques".

  1893
Première étude dans laquelle il est parlé du Bleu d'Auvergne alors appelé "fromage façon roquefort"

27 Août 1937
Premier décret définissant le Bleu d'Auvergne

7 Mars 1975
Décret d'obtention de l'AOC

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    La qualité de celui qui deviendra le Bleu d'Auvergne ne se fait pas attendre. Très vite, il se vend 4 à 5 fois plus cher que les fourmes traditionnelles et lui permet de se développer jusqu'à ne plus pouvoir répondre à la demande. La fabrication de la fourme de Cantal qui pèse environ 50kg nécessite la production de lait de 18 à 20 vaches. L'introduction du Bleu fermier permet aux petits éleveurs de transformer avantageusement leur lait en fromages, valorisant ainsi leur production. L'affinage se développe rapidement et bientôt est centralisé chez une douzaine de négociants des cantons de Saignes, Vic-sur-Cère et Riom-ès-Montagnes. A la fabrication du Bleu va alors progressivement se substituer celle du Bleu laitier.

    En 1891, la première laiterie voit le jour au Sartre, commune de Cheylade. A la veille de la première guerre mondiale, il existe environ une vingtaine de laiteries mais l'essentiel de la production se fait toujours dans les fermes pour être regroupé ensuite chez les négociants-affineurs.

    Il faudra attendre 1929 et la grande crise pour que les producteurs travaillent à l'élaboration d'une production irréprochable. Les produits médiocres disparaissent alors. Sous l'effet de la crise, la vente de lait aux laitiers s'intensifie. Elle compense, en effet, la mévente du grain et du bétail.

En 1955, la production de fromage commercialisable atteint 5 000 tonnes.
La production fermière quant à elle a totalement disparu.

En 1975, date de l'Appellation d'Origine Contrôlée, ils sont 17 à produire
du Bleu d'Auvergne. De nos jours, 6 entreprises produisent plus de
8 000 tonnes.

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